Les enfants possèdent cette soif intarissable d'apprendre, cet appétit incommensurable pour la découverte du monde qui les entoure. Cependant, l'entrée en primaire marque un tournant décisif :
les libertés et indulgences de la maternelle font place à une certaine rigueur qui va cadrer de grands apprentissages tels que la lecture et l’écriture. L’enseignant a pour tâche de faire en sorte que cette rigueur n’éclipse pas le sempiternel besoin d’imaginer et de rêver qu’éprouvent les élèves.
Me vient à l’esprit ce passage de l’essai « Comme un roman » de Daniel Pennac :
« Le verbe lire ne supporte pas l’impératif. Aversion qu’il partage avec quelques autres : le verbe "aimer"... le verbe "rêver"... On peut toujours essayer, bien sûr. Allez-y : [...] "Lis ! Mais lis donc, [...], je t’ordonne de lire ! "[...] Résultat ? Néant. Il s’est endormi sur son livre. » [1]
Comment faire en sorte que l’apprentissage de la lecture ne soit pas assimilé à une corvée ?
L’enseignant ne doit pas uniquement apprendre à lire, mais bien transmettre le goût de la lecture. La lecture est un outil qui permet de découvrir le monde, la vie. C’est aussi une forme d’échappatoire dans laquelle tout devient possible, où l’interprétation et l’imaginaire se côtoient. Or, les enfants éprouvent tous cette soif de découvrir, rêver et créer qui ne demande qu’à être satisfaite.
[1] Pennac, D. (1992). Comme un roman. Paris : Gallimard.
« Il faut lire, il faut lire … Et si, au lieu d’exiger la lecture, le professeur décidait soudain de partager son propre bonheur de lire ? »[1]
Découvrir l’univers d’un auteur dans une classe du fondamental permet d’enrichir des projets scolaires autour de la littérature de jeunesse. Or, utiliser la littérature de jeunesse à l’école primaire permet d’inscrire l’apprentissage de la lecture et de l’écriture dans un cadre encore plus large. La lecture est la porte ouverte à toutes les connaissances. Si tous les enfants peuvent apprendre à lire, devenir « lecteur » est une autre histoire. L’envie de lire naît et perdure seulement si l’enfant a saisi l’intérêt de cet apprentissage. Lire, ce n’est pas uniquement découvrir de belles histoires, c’est aussi accéder à tous les savoirs : informations, communications, expressions de ses opinions… L’accompagnement scolaire se révèle primordial afin que l’enfant prenne conscience de toutes les dimensions culturelles de la lecture. C’est en éveillant la curiosité des enfants que l’on suscite l’envie de lire. Le désir de lire, quant à lui, augmente en parcourant et en étudiant toutes sortes d’écrits.
[1] Pennac, D. (1992). Comme un roman. Paris : Gallimard.
Dans la littérature de jeunesse, il n’existe pas d’objectif pédagogique déclaré. L’acquisition de connaissances ne doit pas conditionner la lecture.
L’acte de lire, ce n’est pas uniquement former mentalement ou à voix haute les sons représentés.
Selon Antoine Di Fabrizio, inspecteur honoraire de l’Enseignement, «Lire, c’est parcourir des yeux (ou du bout des doigts) des groupes de signes écrits présentés sur un support physique [...] et, ce faisant, reconstruire directement le sens voulu par l’émetteur ; donc, comprendre le sens du message. En bref, donner directement du sens à des signes écrits. »[1]
Les socles de compétences[2] définissent la lecture comme une construction de sens en tant que récepteur d’un message écrit. Le sens construit étant déterminé par :
· les caractéristiques du message (intention dominante et structures),
· les acquis du lecteur,
· les particularités de la situation (ou contexte) dans laquelle le lecteur traite le message.
Jocelyne Giasson, professeure titulaire à la Faculté des Sciences de l'Éducation de l'Université Laval, définit la lecture comme « un processus plus cognitif que visuel, un processus actif et interactif, un processus de sens et de communication. » [3]
[1] Di Fabrizio, A. (2014). Apprendre à lire à l’école fondamentale. Liège : IPEPS.
[2] Fédération Wallonie-Bruxelles, administration générale de l’Enseignement et de la Recherche scientifique.
[3] Giasson, J. (2013). La lecture. De la théorie à la pratique. Bruxelles : De Boeck Éducation.
C'est avec les élèves de première primaire de l'école communale de la Fontaine à Flémalle que j'ai mené ce projet consistant à susciter le goût à la lecture en découvrant différents albums de littérature de jeunesse écrits par Rascal.
